Parentalité Bienveillante

Punir ou ne pas punir ?

Définition de punition: le parent essaye d’enseigner une règle en privant l’enfant de quelque chose qu’il aime (tu n’auras pas de dessert pendant une semaine, tu n’iras pas au parc demain, tu ne pourras pas regarder la tv ce soir, etc) ou lui inflige une souffrance physique (tu ne bouges pas de ta chaise pendant 10 minutes, tape sur les mains, fessée, etc)

Définition de conséquence naturelle: l’enfant expérimente par lui-même les conséquences de ses actes

Exemple: il est insupportable au supermarché un jour, le lendemain maman y va seule, il comprend que si il ne respecte pas les règles, maman n’aura plus envie d’aller faire les courses avec lui. Nul besoin de crier ou de punir, une explication claire et précise lui fera comprendre la raison et donc les conséquences de son comportement.

Les idées les plus répandues au sujet de la punition:

  • Sans punitions, les enfants font les pires bêtises
  • Je ne sais pas comment faire autrement, j’ai été punis étant enfant, cela ne m’a pas fait plus de mal que cela
  • Comment les enfants peuvent apprendre les règles et leurs limites sans punitions ?
  • Aucune autre méthode ne fonctionne avec mon enfant
  • Je vais me faire dominer par mon enfant
  • J’ai peur de perdre mon pouvoir

Comment on se sent lorsque l’on est punis ?

  • En colère contre celui qui nous punis. Je trouve cette personne méchante.
  • Je me sens coupable
  • J’approuve ce qu’on me dis: je suis une personne méchante et insupportable (ne pas oublier qu’un jeune enfant validera TOUJOURS ce que dis son parent, au nom de l’amour et du besoin de protection, il s’identifie à tous les qualificatifs que lui donne sa figure d’attachement)
  • J’ai envie de me venger, de recommencer sans me faire prendre

=> Culpabilité, vengeance, mépris, humiliation, haine… As-tu encore envie de punir ?

Alors, comment apprendre les conséquence de ses actes à un enfant?

En évitant la punition qui clos le débat sans possibilité de discussion, on va permettre à son enfant de faire face à lui-même et à sa conduite inappropriée.

  • Indiquer à notre enfant comment il peut se rendre utile / formuler concrètement nos attentes
  • Lui montrer que l’on est mécontent, mais sans attaquer sa personne (« ce geste n’est pas convenable », « je n’aime pas cette situation » vs. « tu es méchant », « tu es maladroit »)
  • L’inclure dans la recherche de solution:  » Comment peux-tu faire pour réparer ton geste? » (Offrir un choix pour les plus petits)
  • Il doit expérimenter les conséquences de ses gestes/comportements

Et quand le problème de discipline est récurrent ?

On en revient toujours à la méthode issue de la CNV:

  • Nommer les sentiments et besoin de l’enfant et valider avec lui si nous sommes justes
  • Exprimer nos propres sentiments « je suis déçue », « je suis inquiète », « Je suis fatiguée », « je suis en colère »
  • Chercher une solution ensemble et acceptable pour chacun

En bref…

  • Casser ses réactions habituelles, cela prend du temps et de la volonté: chaque soir, je fais un bilan de ma journée et je repère les moments où j’aurais pu réagir différemment, avec plus d’empathie, être plus à l’écoute et j’envisage une réaction différente pour la prochaine fois qu’une situation semblable se présentera
  • Les enfants ne sont pas des problèmes à régler: lorsqu’on laisse la possibilité à l’enfant de participer aux règles de la maison, de trouver des compromis avec nous, ils sont pleins de bonne volonté et ont beaucoup de bonne idées.
  • Notre relation avec nos enfants n’est pas une lutte de pouvoir ! C’est surtout une découverte de nos personnalités mutuelles et comment nous pouvons nous accorder en famille afin que chacun soit respecté dans son unicité.

En évitant la punition et en se tournant vers davantage d’écoute, d’expression de sentiments et de besoins nous apprenons à nos enfants qu’ils ne sont pas des victimes, qu’ils ne sont pas nos ennemis et qu’ils peuvent participer activement à la résolution des problèmes, qu’ils sont entendus et considérés comme des individus à part entière.

On leur apprend « Comment puis-je faire pour rectifier mes actes ? Réparer? » au lieu de « Je suis un incapable, quelqu’un de méchant. Je mérite d’être punis » une grande force pour leur vie d’adulte.

Est-ce que tu as été punis lorsque tu étais enfant ? Est-ce que tu punis tes enfants ? Est-ce que tu as beaucoup de problèmes de discipline à la maison ? Trouves-tu que la notion d’autodiscipline est compliquée à transmettre à ton enfant ?

7 réflexions au sujet de “Punir ou ne pas punir ?”

  1. Très bon article, avec une vraie réflexion que chacun devrait avoir envers les enfants. Dialoguons pour trouver des solutions et rendre les enfants plus épanouis et autonomes ! Bravo pour cet article !

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  2. J’ai été tapé lorsque j’étais enfant et malheureusement j’ai répété le schéma envers mes enfants. Ce n’est pas facile de sortir de son schéma familial. Comprendre les erreurs et son schéma familial m’a permis d’être plus à l’écoute des mes enfants. Mes filles entrent dans l’adolescence et pas facile de les motiver pour m’aider dans les tâches au quotidien… Je trouve compliqué d’instaurer des règles…

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    1. C’est clairement difficile de se débarrasser de ces schémas familiaux mais réaliser ce qu’on a vécu et faire l’effort de s’améliorer est déjà un grand pas ! L’afolescence est une période compliquée… je ne suis pas rendue là encore et j’avoue que j’apprehende un peu… un jour après l’autre 😉 tant que le lien d’amour et de communication persiste ça ira 💕

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  3. On peut punir ET discuter, j’arrive pas à comprendre pourquoi beaucoup pensent que les deux sont incompatibles. Personnellement quand j’envoie ma fille au coin ou dans sa chambre je lui explique pourquoi je la punis, et on en reparle au moment de lever la punition pour bien qu’elle comprenne le pourquoi du comment. Je trouve que ce temps est nécessaire car il permet à chacun de se calmer et de réfléchir.

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    1. Lorsqu’un conflit se présente nous utilisons nous aussi souvent un temps de pause afin que chacun puisse se calmer, réfléchir et trouver un compromis. Pas nécessairement enfermé seul dans la chambre ou assigné au coin mais nous expliquons que chacun va prendre un moment et seulement après on pourra discuter. Je lui explique aussi lorsque je suis sur le point de perdre patience et que c’est moi qui ai besoin de m’isoler 2 minutes pour souffler 😉

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