On l'attend 9 mois

Pourquoi j’ai choisi d’accoucher naturellement

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Les accouchements naturels sont pour moi « naturels ». Je ne me suis pas posés 10 000 questions… Lorsque j’ai su que j’étais enceinte, j’ai automatiquement su que je mettrai au monde mon enfant sans anesthésie. Je n’allais pas me faire enlever une dent, ou opérer d’une fracture, non ! J’allais permettre à un enfant, mon enfant, d’arriver sur Terre. Peu importe ma douleur, il allait vivre lui aussi une expérience intense et j’allais tout faire pour l’aider à vivre cela, lui faire sentir que je suis là, avec lui, du début jusqu’à ce qu’il soit dans mes bras… Et pour ça, il fallait que je ressente tout : les contractions, sa descente dans mon bassin, sa sortie !

Imagine-toi à la place du bébé ? Tu flotte dans un nid douillet en apesanteur dans l’eau chaude, c’est doux, tu es protégé, tu y resterais éternellement… Et tout à coup quelque chose d’inconnu te pousse fort, de plus en plus fort, vers un passage si étroit, si petit, qu’il faut te tortiller pour passer, parfois tu peux y rester coincé plus longtemps que prévu… tu paniques ? tu attends que ça passe ? Imagine la pression qu’il doit ressentir à chaque contraction, ton bébé (je suis claustrophobe, alors, je peux imaginer!!).

Cela fait partie des essentiels de mon rôle de maman : aider mon enfant à traverser les épreuves de la vie et le soutenir quoiqu’il arrive. Lui envoyer tant d’amour et de compréhension qu’il ne se sente jamais seul. Mon rôle de maman commence, pour moi, à la conception. Pas seulement lorsqu’il est dans mes bras. L’accouchement fait simplement parti du chemin… Un bébé n’acquière pas sa conscience à partir du moment où il arrive sur Terre. Il a une vie intra-utérine. Il entend et ressent l’environnement. Même si on oublie cette expérience de notre venue au monde, elle s’inscrit dans notre mémoire cellulaire pour la vie. C’était donc ma priorité : me connecter à mon enfant, qu’il ressente que j’étais là avec lui pour le soutenir dans cette épreuve physique.

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J’ai vite réalisé que cette façon d’accoucher (qui est la même depuis des millions d’années), est aujourd’hui totalement passée au second plan… derrière les accouchements avec péridurale. De toutes les provinces canadiennes, le Québec a le taux le plus élevé de péridurales lors des accouchements vaginaux (72%). En France c’est 8 femmes sur 10 qui prennent la péridurale.

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Enquête de satisfaction réalisée par le CIANE en 2013 auprès de plus de 8000 mamans qui avaient bénéficié d’une péridurale: la proportion de femmes satisfaites de leur accouchement était nettement supérieure chez celles qui n’avaient pas bénéficié d’anesthésie.

Je te présente ici les raisons qui ont poussé mon choix vers un accouchement naturel pour mon premier enfant. Ma particularité est d’avoir accouché naturellement… à l’hôpital ! Et oui ! Réfractaire à la médication pendant l’accouchement mais pas anti-médecine pour autant. Je voulais être sur place en cas d’intervention d’urgence à pratiquer sur maman et bébé. Comme quoi tout est possible !

Je précise qu’avoir rédigé un plan de naissance concret et rapide à lire m’a beaucoup aidé à faire respecter mes choix auprès du personnel hospitalier. Les personnes qui m’accompagnaient savaient également sur quoi s’appuyer lorsque les médecins venaient nous parler et voir comment le travail évoluait (et que j’étais trop occupée à me concentrer sur moi-même). Je te renvois à cet article où je te donne un exemple de plan de naissance.

Mon expérience m’a aussi apprise qu’une femme qui « maîtrise » son accouchement aura plus de chance de se faire respecter par le personnel médical, comparé à une femme qui arrive complètement paniquée à l’hôpital. Les médecins feront plus confiance à quelqu’un qui gère et lui laisseront donc plus de liberté si tel est son choix. Inversement, il prendront immédiatement en charge quelqu’un qui ne semble pas comprendre ce qui lui arrive, qui n’est pas informé du déroulement d’un accouchement et des possibilités qui s’offrent à elle. Il prendront les décisions pour elle et non pas avec elle…

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Les raisons pour lesquelles j’ai choisi un accouchement physiologique

1/ J’aime me faire traiter de « maso »

Ha ha ha ! Ou pas !

Quand tu accouches naturellement on te traite souvent de « maso », tu entends aussi parfois « Ah? » (accompagnés de yeux ronds), ou simplement : « Mais… pourquoi te faire souffrir inutilement ?… » Même les médecins m’ont souvent dit : « euh… vraiment? »

Ben oui je l’ai fait et je ne suis pas plus forte qu’une autre, pas plus maso non plus, avoir mal je n’aime pas ça. Mais l’expérience de la naissance de ma fille fait partie des plus beaux jours de ma vie. Je te le dis.

2/ Je voulais être maître de mon accouchement

C’est-à-dire ne pas le subir, ne pas être infantilisée. C’est-à-dire pouvoir bouger librement, manger et boire, si j’en avais envie (mais je n’ai absolument pas eu envie de manger, j’ai seulement croqué de la glace et bu des litres d’eau pendant des heures).

Les cours d’haptonomie, les cours prénataux et de nombreuses lectures m’ont aidé à comprendre le processus physiologique de l’accouchement. Ce qui m’a aidé au moment voulu à comprendre ce qu’il se passait dans mon corps et ainsi mieux l’accepter et le dépasser.

Ainsi durant tout le travail je n’ai cessé de marcher, bouger sur le ballon, changer de position. J’ai tenté une  seule fois de m’allonger pour prendre un peu de repos, mais j’ai vite oublié cette position qui intensifie les sensations x10000. Mon bébé est né alors que j’étais à genoux sur le lit: ma colonne vertébrale et mes hanches libres de se déplacer pour laisser de la place au bébé pour sortir. Ce n’est pas le médecin qui m’a accouché. J’ai accouché, soutenu par les personnes autour de moi à ce moment là.

3/ Je voulais sentir mon enfant faire son cheminement

Et comme mentionné dans mon introduction, l’accompagner dans cette aventure humaine du mieux que je le pouvais.

4/ Je voulais me connaitre davantage

Il y en a qui grimpent des montagnes à mains nues, qui plongent au fonds des océans sans oxygène, moi j’ai choisi de vivre mon accouchement pleinement. Comme une aventure au plus profond de moi-même, dans mes instincts primaires, ma puissance féminine et permettre à la vie de naître à travers moi en l’accompagnant.

La gestion de la douleur ça s’apprend, mais ça se vit également. En fait, on le comprend surtout en le vivant dans son corps. La sophrologie, le prolongement, la visualisation, l’auto-hypnose, grandement aidés par un flot d’hormones m’ont permis d’entrer dans ma bulle et d’aborder chaque contraction non pas comme quelque chose à contrer/maîtriser, mais plutôt comme une vague à laisser passer sous ma planche de surf ! Oui ! Je surfais mentalement pendant mon accouchement !!

5/ Je voulais éviter la péridurale le plus possible… pour tous ses effets secondaires envisageables

Parce qu’en prenant la « péri »:

  • il y a statistiquement  beaucoup plus de chance de subir des interventions extérieures (forceps, ventouse, épisiotomie)
  • il y a un risque de voir le rythme cardiaque du bébé ralentir (et donc de subir une intervention d’urgence comme une césarienne)
  • Les accouchements sont souvent plus longs… Et oui ton corps est en train de se préparer à une grande épreuve. Tout se met en branle pour que cela fonctionne au mieux. Les hormones fonctionnent à plein régime, tout s’accélère pour laisser passer bébé. Et tout à coup ! STOP ! les amis on arrête tout. En pause. On ne sent plus rien. On se ramolli. Alors on fait quoi les gars ? on y va slowly, on se mêle un peu les pinceaux aussi, car le cerveau ne connecte plus à la partie de ton corps qui veut à tout prix travailler pour faire sortir le bébé… bref. C’est le bazar là-dedans.
  • Tu ne peux pas bouger librement. Alors que bouger est l’essentiel de ta mission quand tu accouches, pour que le travail avance, que ton col s’ouvre et que le bébé sorte.
  • Tu réduis grandement voir supprime la poussée physiologique instinctive. Crois-moi j’ai eu le temps de la connaitre celle-là ! Quelle puissance incontrôlable ! Quel cyclone intérieur ! Quelle force dans ce corps que tu ne maîtrises plus vraiment ! Quelle expérience ! Quelle magie lorsque tu penses que chaque poussée rapproche un peu plus ton bébé de toi, mais que tu n’as rien à faire ! Juste à laisser faire ! Ton corps sait quoi faire… Tu te laisses alors traverser par cette force de la nature, tu souffles tout ce que tu peux entre chaque contraction pour mieux replonger au plus profond de toi à chaque nouvelle vague.
  • Les hormones n’y comprennent plus rien. L’ocytocine envoie des signaux à l’utérus pour qu’il se contracte et des alertes au cerveau pour qu’il secrète des endorphines (anti-douleurs naturel). Avec la péridurale tout le système est perturbé. Alors parfois on t’injecte de l’ocytocine de synthèse (en toute logique!) ce qui provoque des contractions aléatoires, souvent bien plus fortes et inefficaces…
  • En accouchement physiologique, à la sortie du bébé il y a un pic d’ocytocine qui permet à maman et bébé de tomber en amour l’un de l’autre immédiatement. Encore une fois, la péridurale perturbe le système. (Le peau à peau tout de suite après la naissance permet de compenser en partie cette perte d’hormones)
  • L’allaitement peut-être plus difficile à démarrer, bébé étant endormi lui aussi par l’anesthésie, il a parfois plus de difficulté à téter et donc le colostrum tarde à arriver… Tout un cercle vicieux pour une maman souhaitant allaiter… Et souvent les unités de médecins n’aident pas, en proposant bien trop rapidement des substituts de lait au lieu d’aider la maman à mettre en place son allaitement.
  • Enfin j’ai entendu un nombre incalculable de mamans qui m’ont parlé de leurs douleurs et gênes suite à la pose de cette fameuse péridurale, notamment maux de dos dus à la pose de l’aiguille ou à la position couché durant le travail qui est la dernière position confortable pour accoucher! Elle a été inventée par les médecins et instituée comme une norme, mais c’est seulement pour faciliter leur travail… Il n’y a pas si longtemps les pieds des femmes étaient même accrochés aux étriers !!

***

Je précise enfin, que je ne suis en aucun cas dans le jugement. Chaque femme fait comme elle veut, et surtout comme elle peut ! Je n’étais moi-même absolument pas réfractaire à une éventuelle anesthésie si l’accouchement venait à se prolonger et que je n’avais plus de forces (bon ça a quand même duré 12h…) ou évidemment à une césarienne si le bébé ou la maman avaient été en danger… Ce choix reflète donc mes valeurs personnelles, ma vision de l’accouchement, de la femme, de l’enfant.

Peut-être que cela pourra éclairer tes choix personnels, les confirmer, les infirmer, en tous cas, si tu veux me donner ton avis/raconter ton expérience, cela me fera plaisir d’échanger avec toi dans les commentaires.

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4 réflexions au sujet de “Pourquoi j’ai choisi d’accoucher naturellement”

  1. Waow, tu viens d’écrire ce que j’avais du mal à exprimer/expliquer.
    Moi aussi mon souhait était d’accoucher sans péridurale, et j’arrivais pas à expliquer mon choix aux gens, qui finissaient par me dire « tu verras quand tu y seras, tu vas sauter dessus »…
    Je voulais qu’ils aient tort, mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu.
    Un accouchement déclenché, des contractions qui sont arrivées à pleine puissance d’un coup, 24h de travail… j’ai pas réussi, mais je crois que je repartirai dans le même état d’esprit pour une seconde grossesses s’il y avait lieu.

    Bravo à toi pour ton courage et ta persévérance.

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    1. Merci pour ton commentaire 🙂 C’est la loi des accouchements: on se prépare comme on peut (et comme on le veut) mais ensuite, c’est la vie qui décide ! Et on ne peut rien contre ça. Tant que l’on est en paix avec ce que l’on a vécu, c’est l’essentiel !

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  2. Génial comme accouchement ! C’était mon souhait aussi… jusqu’à ce qu’on me dise que mon fils était en siège…. A 3kg960 !!!!! Cesarienne. Ma fille était tête en bas au même poids, et je regrette de n’avoir pas insisté pour accoucher par voie basse… et du coup, la 3eme, césarienne aussi…. après, j’ai eu des supers cesa avec peau à peau et allaitement en salle de réveil ce qui me fait accepter bien mieux.

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