Parentalité Bienveillante

« Temps de qualité »: quand je n’ai pas le temps ou l’envie

Si vous n’avez pas encore entendu ou lu la phrase « passez du temps de qualité avec vos enfants, cela résoudra tous vos problèmes« …  Et bien c’est chose faite!

Lorsque j’entends cette expression, je me sens 1/ Mère indigne 2/Obligée de tout arrêter pour JOUER là maintenant tout de suite avec mon enfant.

Et puis…

  • Si je ne le fais pas, tôt ou tard, je vais culpabiliser.
  • Si j’essaye de tricher en ne le faisant qu’à moitié (en écoutant la radio/zieutant mon écran/lisant un livre/parlant au téléphone), et bien il parait que je risques de la traumatiser à vie, ma fille… d’en faire une dépressive chronique, une déséquilibrée mental parce que je ne lui aurai pas assez porté attention.

Les nouveaux concepts de parentalité positive et bienveillante sont géniaux… J’adhère à 200%… Mais personnellement, ça me met la pression ! On veut tous le meilleur pour nos petits loups. Et même le meilleur du meilleur si possible… Pourtant je ne me souviens pas plus que cela que ma maman ne se soit mise à quatre pattes par terre pour jouer avec nous aux Barbies, aux Playmobiles, aux Legos, à nos jeux inventés… En revanche, elle a toujours été présente, nous accompagnait dans toutes nos découvertes, explorations, nous expliquait et montrait beaucoup de choses, nous impliquait dans le quotidien. Certes j’avais des sœurs avec qui interagir… Ce qui aide beaucoup: c’est toujours plus drôle de jouer à plusieurs.

Finalement nos temps de qualités avec nos parents pouvaient prendre différentes formes: cuisiner, dessiner, jeux de société, bricolages, art, lectures… et ne passait pas forcement par le jeu tel qu’on l’entend lorsque l’on définit le jeu de l’enfant. Nous n’avions pas leur attention exclusive toute la journée. Il arrivait même que certaines journées, nous ne faisions pas d’activité du tout, empêtrés dans la routine et la logistique et pourtant… je ne me suis pas sentie en déficit d’attention. Avec le recul, il me semble que le fait de ne pas être immédiatement et tout le temps disponible pour nos enfants leur permet de trouver seuls, leurs propres ressources pour résoudre leurs problèmes, s’ennuyer ou s’occuper de façon autonome (nuancer en fonction de l’âge évidemment: on répondra tout de suite aux pleurs d’un nourrisson, alors qu’un enfant de 3 ans, on lui laissera davantage d’autonomie quant à ses occupations).

En passant, on oublie trop souvent que l’ennui est très important, si ce n’est tout aussi important que le jeu. L’ennui permet de développer son imagination, l’ennui permet au cerveau d’intégrer des notions, l’ennui doit faire parti du quotidien.

Je me considère comme privilégiée de pouvoir passer tout ce temps auprès de ma fille. Sauf, que je ne peux pas qualifier de « temps de qualité » tous les instants que je passe auprès d’elle: parce que moi aussi j’ai besoin/je dois faire autre chose; que parfois j’en ai marre que mon corps serve de module de jeux sur lequel on grimpe et saute; parce que la 51e histoire de la soirée, non je n’ai pas envie de la raconter; parce que le 91e boudin de pâte à modeler, non, je n’ai pas envie de le boudiner… (Surtout que j’ai encore les 3/4 du pot à ramasser sur le plancher). Ça fait mère indigne peut-être…. Surtout pour celle qui l’a attendu 7 ans, son enfant. C’est le paradoxe des mamans, je crois.

Alors je lui apprends je tente de lui apprendre à s’occuper seule: « Je joue avec toi à ce jeu, après j’ai besoin d’un petit moment pour faire ça et on pourra jouer encore ensemble après le repas ». Ca fait bien sur le papier, mais dans la réalité c’est une tout autre sonorité : « maaaaaammmaaaaaannnnn viiiiiiieeennnnnnnt!  » et ces petites mains fermement accrochées à ma jupe, des pleurs, des roulades par terre, « J’ai besoin de tooooooiiiii, un cââââlin » (euh… comment je peux résister à ça?!) et plus rarement de claquement de portes (oui, oui à 2 ans 1/2…). Bon, elle a une bonne excuse: elle n’a pas de frère/sœur/chien/chat/serpent/poissons avec qui échanger, et je peux comprendre que c’est bien compliqué de jouer toute seule, surtout à 2 ans 1/2.

Malgré tout, c’est un bel apprentissage: acquérir la capacité à se tenir compagnie soi-même; faire travailler son imagination, sans tourner en rond ! Et ce bonheur fugace quand tout fonctionne: comme cette fois où je dois travailler à l’ordinateur, qu’elle a apporté tous ses livres et que pendant 1 heure elle a lu, seule, assise à côté de moi, me demandant parfois: « Qu’est-ce qu’il fait celui-là? » (évidemment je lui réponds). On a trouvé un terrain d’entente. Côte-à-côte mais indépendantes.

Alors OUI au temps de qualité, partout où on peut le trouver ! Parce que réellement c’est important pour les enfants de se sentir connecté avec leurs parents, de se sentir regardés et écoutés pour ce qu’ils sont, sans aucune autre perturbation.

Mais oust la pression de la performance de la mère parfaite. On a le droit de ne pas avoir envie, d’être trop fatiguée, inquiète, stressée. C’est alors l’occasion d’aborder la coopération: « On joue 20 minutes, au jeu de ton choix, on se colle, se câline, on danse, je t’écoute, raconte-moi ton humeur, tes peurs, parce que je t’aime et après j’aurais besoin de 10 minutes juste pour moi ! C’est d’accord? Top la! ».

Si certains jours on n’a pas le temps, CE N’EST PAS GRAVE ! Parce que finalement, ces moments où l’enfant peut profiter de ta présence, tu les retrouves toute la journée… Sans avoir forcément d’activités à planifier/organiser/ranger…

DES TEMPS DE QUALITÉ ENSEMBLE – ON EN A TOUTE LA JOURNÉE ! 

  • Se raconter sa journée d’école, de garderie, de travail
  • Dessiner
  • Se dire je t’aime en se regardant vraiment
  • Chanter des chansons
  • Se raconter des blagues
  • Cuisiner
  • Danser
  • Faire une promenade
  • Faire du vélo
  • Faire du yoga
  • Se dire merci et lister les raisons pour lesquelles on est reconnaissants
  • Manger tous ensemble à table, SANS ÉCRANS, en se regardant et en se parlant
  • Écouter de la musique
  • Jardiner
  • Lire des histoires
  • Méditer
  • Regarder les nuages, un coucher de soleil, une abeille qui butine, une feuille, etc
  • Prendre le temps de respirer doucement ensemble
  • Jouer à des jeux de société
  • S’inventer des rituels
  • Faire du ménage
  • Trier les jouets/vêtements pour les donner
  • Faire l’épicerie sans se presser, en apprenant de nouveaux mots (pour les plus petits), à faire une liste, à budgétiser (pour les plus grands)
  • Faire des sorties régulièrement en tête à tête avec chacun des enfants
  • Jouer au parc (on oublie son téléphone à la maison et on joue pour de vrai…)
  • Voir la famille ou les amis
  • Parler, de tout, de rien et surtout les écouter… Ils ont tant de choses à nous apprendre de la VRAIE vie, ces tous petits aux grands cœurs.

2018-09-03-mespetitscarnetsdemaman-tempsdequalité

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1 réflexion au sujet de “« Temps de qualité »: quand je n’ai pas le temps ou l’envie”

  1. Le tout c’est de trouver un juste milieu… comme toi je culpabilise pas mal quand je dois faire autre chose, et quand on passe un moment « de qualité » je suis la plus heureuse. La vie de Maman c’est un perpétuel questionnement je pense…

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