Parentalité Bienveillante

Sevrage raté et allaitement prolongé

mespetitscarnetsdemaman.com20171230

Histoire d’une fin d’allaitement ….reportée à plus tard !

– Tu as 20 mois maintenant mon ange, il me semble que j’aimerais réduire un peu le nombre de tétées… qu’en penses-tu ?

– Non maman, j’aime trop ça. Lorsque je suis tout contre toi et que je bois de ton lait, de l’ocytocine se répend dans mon corps, ça me fait me sentir bien, sereine, apaisée, cela me calme et j’aime sentir ton odeur et toucher ta peau, maman. Je fais cela depuis que je suis née, je suis tout contre toi depuis que je suis une petite cellule de rien du tout.

– Mais mon besoin de retrouver mon corps rien que pour moi est aussi à considérer, ma chérie…

– Je le sais maman mais c’est trop dur. J’essaie fort fort, je pense à autre chose, je m’occupe, mais quand mes hormones me disent qu’il me faut du lait de toi… il me faut du lait de toi! C’est tout et c’est comme ca ! J’ai beaucoup de difficultés à contrôler mes envies, même si j’ai l’air d’une grande fille maintenant, je suis si petite encore. Mon cerveau n’est pas assez mature pour que je parvienne à tout maîtriser.

– Vient dans mes bras, je peux ta câliner comme cela aussi, nous pouvons nous coller, nous serrer fort, nous couvrir de bisous, jouer ensemble… Tu sais, même si je te donne moins de tétées, cela ne remet pas en cause mon immense amour pour toi. Il sera éternel et inconditionnel.

– Non non non ! Être dans tes bras me rappelle trop qu’il y a du bon lait juste là… C’est encore plus difficile. Juste un petit peu s’il te plait !

– Je me pose bien des questions. Je cherche des solutions. C’est si difficile pour moi aussi. Ce lien particulier que nous avons créé est fort et solide. Je suis certaine que nous trouverons un autre moyen pour le matérialiser.

– Je suis persuadée que j’y arriverai maman, je suis capable de grandes choses, il me faut juste un peu de temps. Je veux encore profiter de toi, avant de prendre mon envol pour la grande vie. Et la nuit maman, la nuit, j’ai peur. J’ai peur lorsque je suis toute seule. Je n’y peux rien c’est mon instinct qui me dit que je ne suis pas en sécurité si je ne suis pas près de toi ou de papa ! Apprends-moi à prendre confiance en moi, apprends-moi doucement à me détacher de toi. Et s’il te plait ne me laisse pas pleurer maman ! Non c’est encore pire ! Je ne comprends pas pourquoi tout à coup tu ne viens plus me voir du tout, alors j’ai encore plus peur ! J’ai des hormones de stress partout dans mon corps, je ne sais plus comment faire pour me calmer. J’ai juste besoin d’un peu de temps maman…

—–

Durant un long mois nous avons tenté un sevrage partiel pour notre fille de 20 mois. De 5,6, 7 fois par jour, nous étions descendues à 2 : une le matin, une le soir. Peut-être un peu trop radical, certes… Je m’en suis rendue compte par la suite. Petite puce étant toute la journée et toutes les nuits avec moi, cela s’est avéré encore plus compliqué que si nous avions été séparées, elle à la garderie et moi au travail.

J’ai expliqué, répété, changé les idées, bercé ,câliné. Rien n’y faisait, elle voulait juste téter. Cela a été dur, très dur. Autant pour elle que pour nous. Notre fille était sur les nerfs, de mauvaise humeur, avait perdu son engouement pour tout…. À l’opposé de son tempérament naturel, dynamique, joyeuse et drôle.

Au bout de 4 semaine à ce rythme, j’ai essayé de ré-augmenter les tétées. Je comptais le faire juste une journée ou deux pour voir si cela changerait quelque chose à son humeur: une le matin, une pour la sieste, une le soir et environ deux dans la nuit. Oh! Miracle ! Nous avons retrouvé notre chipie, coquine, pleine d’humour, le sourire aux lèvres et partante pour tout ce qu’on lui propose (ou presque… maudit manteau d’hiver, dans lequel on ne peut pas bouger librement!!).

Durant tout ce temps, je me suis renseignée un peu partout, appelé les consultantes en lactation de la Leche League, beaucoup lu,  et voici ce que j’en ai tiré:

1/ Le sevrage naturel est le plus adapté à l’enfant.

Le laisser décider quand il sera prêt à se détacher de ce soutien, de ce moyen de se rassurer, de  s’apaiser. Parfois cela arrive vers 15/18 mois, parfois plus tôt, parfois plus tard. Évidemment cela est plus facile si l’enfant va en garderie. L’essentiel étant que bébé ET maman soit en accord total avec la situation. N’oublions pas que la bienveillance c’est aussi envers nous-mêmes: si maman n’a plus la force et la volonté d’allaiter et qu’elle le fait à contre cœur, il est temps d’arrêter. Bébé comprendra… avec un peu de patience et de persévérance, tout en conservant sa bienveillance (la formule magique parfois hors de portée n’est-ce pas?).

2/Le sevrage doit se faire progressivement.

C’est à dire que l’on supprimera d’abord une tétée pour la remplacer par une collation, puis une autre, etc. Certains moments sont plus faciles que d’autres. J’ai donc sûrement été un peu trop radicale !

3/ Un sevrage de nuit avant celui de jour ?

La question se pose et je n’ai pas la réponse. Il me semble que cela dépendra des parents et de l’enfant. J’ai déjà écrit un article à ce sujet ici.  J’ai essayé de réduire les tétées de nuit avant celles de jour… le sommeil est une denrée rare pour des nouveaux parents. Elle pouvait boire jusqu’à 10 fois par nuit et j’avais cruellement besoin de sommeil ! J’ai donc décidé d’essayer… Ouf ! Les premières nuits ! Nous avons eu le droit à des pleurs, des coups de pieds et des cris. Oh ! Elle était très fâchée! Mes mots doux et mes bras n’ont pas beaucoup aidé et impossible pour papa de prendre le relais, il se faisait renvoyer par des hurlements encore plus perçants aussitôt qu’il l’approchait. Finalement au bout d’une semaine, elle a finit par se caler sur un rythme régulier de 2 réveils. Parfois j’arrive à la rendormir en posant simplement ma main sur elle, parfois elle a réellement  besoin de téter… Il est fort possible que tout comme nous, elle ai simplement soif durant la nuit… Mais substituer la tétée par un biberon n’a jamais fonctionné. Donc on continue pour l’instant à ce rythme là. Petit à petit je suis certaine qu’elle parviendra à se rendormir avec seulement le contact de ma main, puis plus rien !

4/ Réduire l’allaitement en vue d’un 2e enfant et retour de couches

Il faut laisser un minimum de 6 heures entre chaque tétées pour déclencher une ovulation. Cela prend souvent plusieurs mois (autour de 3 ou 4) pour retrouver des cycles réguliers. En moyenne le retour de couche pour des mamans allaitantes, se fait autour des 14 mois du bébé. Cela varie bien évidemment entre chaque individu.

5/ Un bambin en cododo aura plus tendance à se réveiller la nuit.

Le mieux est de pouvoir déplacer l’enfant sur son propre matelas, à côté du lit des parents durant la nuit. Le bébé a tous ses sens en éveil, sentir maman bouger juste à coté de lui va lui rappeler que le meilleur restaurant de la terre entière est à portée de main ! Un enfant qui dort dans son propre espace aura donc moins tendance à se réveiller suite aux mouvements de papa ou maman.

6/ Installer une routine pour les tétées.

Depuis quelques temps, lorsque j’estime qu’elle a assez bu (à la 3e fois dans la matinée c’est assez pour une petite fille de plus de 18 mois!), je réfléchis d’abord: quel besoin cherche-t-elle à combler par ce moyen… Ennui ? Besoin d’attention ? Besoin de câlin ? Réelle faim ou soif ?

Pour les tétées qui se prolongent, nous avons convenu d’une routine pour anticiper la fin: je commence à lui chanter une chanson qu’elle connait et elle sait qu’à la fin de la chanson, la tétée sera terminée. Parfois nous comptons aussi jusqu’à 3 et elle sait que cela sera terminé pour cette fois. Évidemment cela ne fonctionne pas à tous les coups, mais cela permet de lui faire intégrer une routine : les enfants ont un grand besoin de structures, c’est quelque chose de  très rassurant pour eux.

Depuis ses 18 mois environ j’essaye le plus possible d’associer la tétée aux dodos. Certaines journées cela fonctionne à merveilles, d’autres un peu moins. Je veille à tenir compte du contexte: si elle est malade, souffre d’une poussée dentaire ou vit une période compliquée et que le mouvement de succion la soulage, je revois à la hausse le nombre de tétées quotidiennes 😉

7/ Lorsque le bambin s’amuse à passer d’un sein à l’autre

C’est quelque chose qui est apparu vers ses 18 mois, elle commence sur un puis demande rapidement « l’autre ». Les raisons peuvent être variées: impatience de boire et le lait n’arrive pas assez vite; veut jouer plus que boire; seulement besoin d’un câlin… J’explique alors ce que j’observe: « Il me semble que tu n’as pas tant que cela envie de lait, est-ce que tu voudrais jouer avec moi aux blocs/cartes/poupées/pâte à modeler/cache-cache? » ou bien:  » Oh ! Tu sembles avoir très soif et la lait n’arrive pas ? Veux-tu un verre d’eau ? Cela ira plus vite si tu as vraiment très soif! « 

8/ Allaitement prolongé et trouble du langage… Un mythe

Je suis tombée sur plusieurs articles qui citaient Françoise Dolto, selon laquelle il faudrait sevrer un enfant pour qu’il développe son langage… J’ai commencé à me poser des questions, mais en observant mon entourage, il apparaît que cette dame n’a jamais rencontré les pipelettes de 21 mois qui m’entourent et qui sont encore allaitées à la demande… Je pense que le développement de l’enfant dépend surtout des interactions qu’on lui propose plutôt que du fait qu’il soit allaité ou non.

9/ Les bienfait du lait maternel.

Rappelons que L’Organisation Mondiale de la Santé recommande l’allaitement exclusif pendant 6 mois et l’allaitement partiel jusqu’à 2 ans. Le lait maternel est entre autres propriétés: plus facile à digérer qu’un lait artificiel; sa contenance en protéines « anti-infectieuses » immunisent le bébé contre les maladies courantes ; il contient également des acides gras essentiels nécessaires au bon développement du cerveau et des yeux; certains nutriments du lait favorisent la croissance et la maturation de différents tissus comme le tube digestif; il diminue le risque d’allergies futures. Nous avons pu constater ces bienfaits: notre fille a une digestion impeccable, ses rhums se comptent sur les doigts d’une main, durent 3 jours et elle n’a jamais eu d’autre maladies, en 21 mois.

10/ Attachement mère-Enfant et père-enfant

Une étude scientifique néo-zélandaise en 1999, a conclu que les enfants qui avaient été allaités pendant longtemps (contrairement à d’autres nourris au lait industriel) avaient des liens de meilleure qualité avec leurs parents et pensaient que leur mère s’était mieux occupée d’eux et avait été moins surprotectrice.

À mon sens, il est important de déterminer les raisons profondes pour lesquelles la mère souhaite continuer ou cesser d’allaiter: continuer pour combler son besoin de sécurité auprès de son enfant ? sa propre angoisse de séparation? son propre besoin de câlins ?… Il faut se poser les bonnes questions afin de ne pas perturber l’autonomisation et l’individuation de son bambin dans le seul but de combler ses propres besoins.

11/ Le besoin de succion apparait dès la naissance chez tous les mammifères. C’est quelque chose d’instinctif, de vital et de rassurant. « En tétant maman je me sens protégé et nourrit ». Les seins dans nos sociétés sont davantage devenus des objets sexuels, mais à la base, ils sont là pour nourrir les petits ! Le fait d’avoir de la difficulté à se sevrer signifie donc peut-être que l’enfant n’est tout simplement pas prêt et à encore besoin d’être rassuré.

12/ Allaitement prolongé et enfant « insecure »

Combien de fois m’a-t-on dit que si je continuait à l’allaiter et à faire du cododo, elle allait devenir dépendante et pathologiquement anxieuse ?

Cette même petite fille demande pourtant à dormir dans son propre lit depuis ses 20 mois, a une volonté immense de grandir et d’apprendre à tout faire toute seule et me dit même parfois « laisse-moi maman! ».

Un enfant allaité plus longtemps ne sera pas plus anxieux qu’un autre si on lui propose différentes expériences de vie (autres que seulement le contact physique de l’allaitement,  du portage et du cododo). Un bambin a besoin et DEMANDE qu’on lui apprenne le monde qui l’entoure, qu’on le guide vers son autonomisation et sa socialisation. C’est souvent lorsque le bébé est sur-protégé, conservé dans son état de bébé (et donc répondant à une insécurité des parents) que l’on peut nuire, à mon sens, à son développement et lui transmettre de l’anxiété. C’est le rôle fondamental des parents que d’accompagner son petit vers une intégration harmonieuse au sein de ses pairs.

—–

Après cette expérience de sevrage raté, nous avons décidé de continuer l’allaitement, mais en intégrant plus de structure dans la routine des tétées et donc ne plus lui offrir à la demande.

Finalement, évitons de nous mettre la pression, n’est-ce pas ? Si la mère, l’enfant et le papa sont heureux dans la situation, pourquoi se torturer pour la changer ? Attendons que l’enfant se sente prêt en lui montrant la voix, petit à petit, en le félicitant de ses progrès vers sa prise d’indépendance: dormir dans son propre lit, s’habiller seul, manger seul, apprendre la propreté, etc… Montrons-lui qu’il existe d’autres moyens d’avoir du plaisir ensemble, comme lire des livres en étant sur les genoux, danser tous ensembles, jouer, et que l’attention et l’amour que nous lui portons peut aussi se traduire par autre chose que l’allaitement.

Sans oublier que le sevrage peut-être très compliqué à une certaine période et extrêmement facile quelques semaines plus tard, lorsque l’enfant atteindra un autre stade de développement et aura la volonté de s’émanciper de ce besoin.

Soyons à l’écoute et dans l’observation bienveillante de nos enfants… Ils sauront nous dire lorsqu’ils seront prêts. Et sans inquiétudes, à un moment ou à un autre, ils le seront !

mespetitscarnetsdemaman.com-201712302

Source:

https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/allaiter-aujourd-hui-extraits/1158-70-lallaitement-quand-il-dure

http://www.magicmaman.com/,l-attachement-parental,119,2140095.asp

 

 

 

 

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