Parentalité Bienveillante

Parlons sevrage…

Fréquentant régulièrement des mamans ayant des enfants du même âge que ma fille, nous commençons à parler du sevrage. Oui mais comment faire ? Nous avons toutes été guidées dans nos début avec l’allaitement, mais en ce qui concerne le sevrage, je dois dire que nous sommes un peu laissées seules face à ce (gros) défi.

Nous pensions, sans doute comme beaucoup de mamans, que l’enfant se lasserai par lui-même: avide découvertes, il se désintéresserait de rester collé à sa mère… Et bien non ! Il faut croire que le besoin de réconfort est trop important et loin de réduire, parfois  le nombre de tétées augmente certains jours ! Peut-être est-ce trop tôt ? Nos enfants ne sont pas encore prêts ? Même si l’enfant ne semble pas vouloir se détacher, certaines maman ressentent le besoin d’arrêter.

QUESTION SANTÉ

  • L’OMS recommande un allaitement exclusif jusqu’à 6 mois puis, partiel jusqu’à 2 ans.
  • À partir de 6 mois l’enfant doit commencer à manger des aliments solides notamment riche en fer.
  • Si vous cessez d’allaiter bébé avant ses 12 mois, remplacez le lait maternel par une préparation lactée enrichie de fer.
  • Il est fortement déconseillé d’introduire le lait de vache avant l’âge d’un an (et il existe des alternatives au lait de vache, de plus en plus controversé, ce qui fera l’objet d’un prochain article).
  • Une fois l’alimentation solide commencée, il faut s’assurer que bébé continue de boire assez de lait maternel, puisque le lait demeure l’aliment de base pendant toute la première année de vie : il fournit le calcium et les protéines nécessaires à sa croissance.

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COMMENT PROCÉDER ?

 Il n’y a pas de règles prédéfinies. Chaque maman doit adapter sa méthode en fonction de sa vie, de ses envies, des besoins de son bébé et de ses propres besoins.

=> Quelques conseils, si vous voulez sevrer un bébé de moins de 9 mois.

  • Effectuez un sevrage graduel afin d’éviter un engorgement de vos seins ou une mastite, mais aussi pour éviter de brusquer le bébé. On peut prévoir idéalement 4 à 6 semaines.
  • Remplacez en premier la tétée la « moins aimée » de la journée, offrez un biberon ou une collation en remplacement.
  • Quand vous ne sentirez plus d’engorgement (souvent après 3 ou 4 jours), vous pourrez alors remplacer une seconde tétée et ainsi de suite.
  • Il est important de ne pas éliminer 2 tétées consécutives pour éviter un changement de routine trop brutale et vous éviter l’engorgement qui peut être douloureux. Si cela est vraiment inconfortable, il est possible d’exprimer une petite quantité de lait pour vous soulager.
  • Les tétées du matin et du soir seront à éliminer en dernier, car ce sont souvent celles que les enfants préfèrent. On peut même les garder très longtemps: de nombreuses mamans qui ont repris le travail continuent d’offrir le sein matin et soir. Ce sont des moment de grand réconfort pour l’enfant (et pour la maman qui peut continuer de câliner son petit trésor!).

=> S’il a plus de 9 mois

  • Cessez de proposer le sein, mais ne refusez pas ses demandes.
  • Essayez de faire patienter l’enfant, cela permettra d’espacer les tétées et donc d’en diminuer le nombre.
  • Offrez une collation en remplacement d’une tétée.
  • Changez la routine (ne vous installez plus sur le fauteuil habituel aux mêmes heures…)

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 SEVRAGE PARTIEL OU TOTAL ?

Il est tout à fait possible de sevrer son enfant la nuit mais de conserver les tétées de jour. La méthode qui me semble la plus appropriée est celle apportée par le Dr Gordon, pédiatre américain.

« Changer la routine de sommeil dans le lit familial » (Dr Jay Gordon). Dr Gordon est favorable au cododo dans le lit familial. Il pense qu’un enfant devrait être laissé libre de se sevrer seul, mais plutôt que de laisser des parents démunis se tourner vers des méthodes moins douce, il propose une alternative…

Dr Gordon nous avertit qu’il n’est pas approprié d’appliquer cette méthode de sevrage pour des enfants de moins de 12 mois: un enfant de moins d’un an doit poursuivre  sa routine de sommeil si celle-ci fonctionne bien pour toute la famille.

Nous avons adopté d’instinct le duo « allaitement+cododo ». C’était facile pour nous: maman se retourne, allaite un moment et se rendort rapidement; papa n’est presque pas réveillé; bébé est totalement rassuré et ne pleure quasiment jamais. Nous n’envisagions pas de devoir nous lever pour aller nourrir  bébé dans sa chambre, tenter de la rendormir dans les cris et les pleurs, durant de longues minutes…

Il arrive un moment où allaiter n’est plus un plaisir, que l’on se sent esclave de notre enfant, il est alors préférable de débuter le sevrage. Les femmes désirant sevrer leur enfant devraient avoir d’autres choix que la simple dichotomie : laisser pleurer // allaiter toute la nuit.

Je suis tout à fait pour le lit familial et le sevrage induit par l’enfant, le câlinage tout au long de la première, deuxième et même  troisième année. Si cela fonctionne et que la famille va bien, il n’y a aucun problème ! Ne laissez personne vous convaincre que c’est un mauvais choix ou qu’il n’y aura pas moyen de sortir l’enfant du lit des parents si cela n’est pas fait au plus tôt.  Ne croyez pas les gens qui vous disent que les bébés recevant des câlins et qui sont allaités toute la nuit n’apprennent jamais à se calmer eux-mêmes ou ne deviennent jamais indépendants. Ce n’est tout simplement pas vrai, mais ça fait vendre des livres et le mythe demeure. (Dr Jay  Gordon).

Un enfant ayant dormi dans le lit familial et allaité durant toute sa première année a une personnalité bien construite et équilibrée: il saura s’ajuster à ces changements et sera capable de dépasser la difficulté de ne plus avoir tout ce qu’il veut dans l’instant. Il va s’initier à la patience.

La plupart des enfants dormant en cododo et allaités se réveillent aux 2-4 heures pour être nourris et câlinés… et ce, quelque soit leur âge: 12, 15, 24, 30 mois !… C’est normal ! Il dort à 2 cm du meilleur restaurant de la Terre ! Qui ne serait pas tenté par une petite collation divine lors d’un léger réveil nocturne ? Cela permet de replonger dans le sommeil si facilement et si paisiblement pour lui.

Quelques conseils pour appliquer la « méthode Gordon »

  • Choisir les 6 à 7 heures de sommeil les plus importantes pour vous. Exemple: 23h à 6h.
  • Expliquez à votre enfant que les règles vont changer: désormais, il n’y aura plus de tétées durant cette période. Ne cédez pas !
  • Il faut absolument que les deux parents soient à 100% d’accord avec cette idée, et que le papa soit prêt à s’impliquer.
  • Il faut que la maman ai VRAIMENT envie d’arrêter l’allaitement de nuit. Si l’enfant sent une once d’hésitation de la part de sa mère, il saura comment procéder pour la faire changer d’avis ! Gardez l’objectif en tête: dormir 6 heures consécutives.
  • Abandonner l’une de ses activités préférée au monde est très difficile pour le bébé… cela ne va pas se faire sans pleurs, mais il sera accompagné avec bienveillance par ses parents pour franchir cette nouvelle étape.
  • Les enfants de plus d’un an sont physiologiquement capable de passer 7 heures sans manger.

LES 3 PREMIÈRES NUITS (difficiles !) 

  • Avant 23h, allaitez à la demande, câlinez l’enfant pour l’endormir… Même à 22h58 !
  • À partir de 23h, cessez d’offrir le sein pour l’endormir.
  • À 6h01, donnez lui le sein si il le demande.
  • Quand bébé se réveille durant la nuit, câlinez-le, donnez-lui le sein, mais il ne doit pas s’endormir en tétant, caressez-lui le dos, bercez-le jusqu’à ce qu’il se rendorme.

=> Il va être très fâché ! Il va détester cette nouvelle routine et vous le fera savoir. Il va peut-être essayer de vous dire qu’il a peur… Mais un enfant qui a passé des centaines de nuits collé contre vous, ne peut pas être effrayé de se rendormir avec votre main sur son dos et la voix de maman ou papa dans son oreille.

Si, à n’importe quel moment  vous réalisez que finalement, vous n’êtes pas prête, arrêtez tout et vous pourrez reprendre plus tard, c’est à vous de décider du bon moment.

LES 3 NUITS SUIVANTES

  • Les tétées cessent toujours à 23h.
  • Déposez l’enfant éveillé sur le lit: cela lui apprend à s’endormir avec moins de contact.
  • Il n’aura plus de tétées du tout entre 23h et 6h.
  • Certains bébés vont pleurer 10 minutes, d’autres plus d’une heure… Avec vous à ses côtés pour le calmer, il sait que ses parents sont là pour lui apporter du réconfort. Il pleure parce qu’il n’obtient pas la forme de réconfort qu’il veut à ce moment là, mais c’est un enfant qui a dormi dans le lit familial depuis plus d’un an, il sait qu’il est aimé.
  • Expliquez-lui qu’il sera le grand bénéficiaire du fait que ses parents dorment mieux: ils auront plus d’énergie dans la journée pour jouer, pour aller au parc, etc.

LES 4 NUITS SUIVANTES

  • Toujours la même routine: pas de tétée entre 23h et 6h.
  • Lorsque bébé se réveille, ne le prenez plus dans vos bras. Touchez-le, rassurez-le mais sans le prendre dans les bras. Il va se rendormir… Répétez les caresses et les mots doux, fredonnez une berceuse…

LES NUITS SUIVANTES

Continuez de câliner l’enfant et lui proposer le sein avant 23h. Il pleurera peut-être occasionnellement, mais il aura appris qu’il est tout autant aimé. Il comprendra qu’il peut avoir tout ce qu’il veut (ou presque) durant la journée, mais que la nuit, il laisse papa et maman dormir. Après environ deux semaines à ce rythme, l’enfant devrait être capable de se rendormir avec seulement une petite caresse et la voix de sa maman ou de son papa dans le creux de l’oreille. Bientôt il se rendormira tout seul, sans même besoin de contact.

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LIT FAMILIAL ? CHAMBRE D’ENFANT ?

Optez pour la meilleure solution pour vous ! Le lit familial semble plus facile, car maman ou papa peuvent réconforter l’enfant tout en restant allongés, mais c’est à vous de décidez ce qui fonctionne pour votre famille. Une autre option est d’installer l’enfant sur un matelas dans la chambre parentale. Cela risque sans doute, d’être plus difficile de mettre l’enfant dans son lit, dans sa chambre, si il n’a connu que le lit familial depuis sa naissance. Cela pourrait faire trop de changement d’un seul coup. N’écoutez que votre instinct. Évitez de lutter contre vous-même si au fond vous sentez que cela n’est pas la bonne solution pour vous.

SI IL TOMBE MALADE ? EN VOYAGE ? APRES UN ÉVÉNEMENT DÉSTABILISANT ?

Si votre bébé a besoin de réconfort durant certaines période et que vous avez fait un sevrage seulement partiel, suivez votre instinct, reprenez un allaitement plus fréquent, vous pourrez revenir à la routine « 23h-6h », lorsque cela ira mieux.

Il est possible de reprendre un allaitement après un arrêt de quelques jours à 3 semaines, si vous avez continué à tirer du lait et si vous aviez une bonne production. Mettez votre enfant au sein souvent, pour faciliter le retour d’une bonne production de lait.

DONNANT/DONNANT

Votre enfant fait de gros efforts pour cesser de téter. Accordez-lui un juste retour des choses: vous êtes plus en forme en passant de bonnes nuits, alors amenez-le au parc, jouez avec lui, accordez-lui beaucoup de temps de qualité. Expliquez-lui que c’est grâces aux beaux dodos que vous faites, que vous êtes capable l’un comme l’autre de mieux vous amusez durant la journée, dites lui que vous l’aimez, même si il n’y a plus de tétées, faites-lui beaucoup de câlins.

POUR FACILITER LA TRANSITION…

  • Veillez à ce que l’enfant se nourrisse assez durant la journée afin de pouvoir compenser la réduction des tétées.
  • Impliquez l’autre parent! L’enfant devrait être capable de s’endormir avec des câlins de son autre parent, tout autant qu’avec sa maman. Il peut aussi être nourri au biberon dans la journée par son papa, cela lui permettra de se détacher de maman doucement et de ne plus associer maman à une possible tétée.
  • Expliquer les choses à l’enfant, parlez-lui: « maman est fatiguée, elle a besoin de dormir; toi aussi tu seras plus en forme si tu fais de beaux dodos; tu pourras téter plus tard quand le jour sera revenu; maman va reprendre le travail, tu peux boire du lait dans la tasse, etc »
  • Les enfants ayant connu le cododo pendant plus d’un an, ne se laisseront pas facilement détourner du sein et du lit familial. Il vont exprimer haut et fort leur mécontentement. Cela est normal !
  • Ne forcez pas votre enfant à boire au biberon ou au verre, au risque de le dégoûter de ces ustensiles. Si il ne les accepte pas, changez-lui les idées, proposez un jeu et redonnez-lui son verre un peu plus tard… Les jeux d’imitation fonctionnent souvent très bien !

Donnez beaucoup d’attention et de câlins à l’enfant pour qu’il sente que cela n’est pas parce que vous le privez du sein qu’il ne recevra plus d’amour.

Gardez à l’esprit que vos choix sont propres à votre famille. L’important étant que vous et votre enfant les viviez bien.

Sources:

http://drjaygordon.com/

http://www.mamanpourlavie.com

http://naitreetgrandir.com

http://www.enfant-encyclopedie.com

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